
C'est ce que j'ai appris par hasard, l'autre jour, en croisant dans la rue l'affiche ci-dessus. Oui Monsieur, les élections, parfaitement, elles auront lieu en novembre, et c'est marqué noir sur blanc sur le panneau.
Mais quelles élections, d'abord ?
Pas celles pour (ré-)élire Lula, elles ont déjà eu lieu l'année dernière.
Pas celles non plus pour les députés, gouverneurs, et autres hommes politiques, autrement j'en aurais entendu parler.
Alors, lesquelles ?
Et bien, pour ceux qui donnent leur langue au chat, il s'agit -c'est ce que clame en grosses lettres le titre du panneau- de sauver le tricolore.
Nous voilà bien avancés.
Le tricolore, au Brésil, est le surnom affectuex donnés par les supporters dont l'équipe de foot porte trois couleurs différentes sur son maillot. Seul problème : comme il n'existe aucune équipe à une seule couleur, ni d'équipe à quatre couleurs, on est forcé d'admettre qu'il y a en réalité pas moins de 50% d'équipes de foot tricolores au Brésil, les autres 50% étant bicolores.
Par exemple, pour ceux qui auraient du mal à s'y retrouver, le PSG est tricolore (bleu / blanc rouge), alors que l'OM est bicolore (bleu ciel / blanc). Je commence à me sentir moi même un peu perdu. Reprennons donc : les supporters des équipes tricolores ont tendance à surnommer leur équipe LE tricolore, alors que rien ne laisse déviner à priori s'ils parlent du rouge / noir / blanc du São Paulo, du Bleu / Noir / Blanc du Grêmio, et j'en passe...
Ici, donc, il s'agit de "sauver le tricolore", en l'occurence le Fluminense (vert / bordeaux / blanc), qui -tout porte à le croire et pour ce qu'on en sait- pourrait bien être au plus mal à l'heure où j'écris ces lignes...
Pour un Fluminense fort, donc, votez Peter pour président. Tous ensembles : Peter ! Peter ! Peter !
Voilà le Brésil... On y élit les dirigeants des équipes de foot. La démocratie est sauve, à défaut d'être saine...
jeudi 27 septembre 2007
Bientôt les élections
vendredi 21 septembre 2007
Une bien bonne nouvelle...
Me voila en retard !
Je vous avais promis de vous raconter plein de choses dans mon dernier post. Le ferais-je ? Pas sûr.
Très rapidement : Fanny, Julien et Audrey s'éclatent bien. Après avoir passé un week end à arpenter à pied les collines du pain de sucre et du corcovado (qui s'est couvert de brume à l'instant où nous sommes arrivés au sommet, rendant toute l'expédition quelque peu inutile), après avoir donné à manger aux petites singes, et après s'être fait encercler par d'autres singes pas si petits que ça, après avoir loué une voiture pour aller dans une plage paradisiaque, à 30 kilomètres de Rio, et après une dizaine d'autres aventures, nous allons maintenant partir en expédition à Ilha Grande, a 150 bornes d'ici. Une île encore plus paradisiaque, parait-il... Je me prend un lundi de congé pour que nous en profitions un maximum, pendant trois jours, et je vous donnerai des nouvelles.
Mais ce n'est pas de ça dont je voulais vous parler.
Ce dont je veux vous parler, c'est -pour une fois- du boulot.
J'ai le plaisir de vous annoncer qu'après avoir passé trois mois à travailler dans le réseau d'affiliation, à gérer les sites sur lesquels nous diffusons des campagnes publicitaires, et à developper des nouveaux produits (dablink, que vous connaissez, mais aussi une intégration entre les liens sponsorisés de Yahoo et notre réseau), je prends -officieusement, pour le moment- la tête du réseau.
Nous allons migrer vers une nouvelle plateforme technique, suite à un accord avec une boîte française qui a developpé ladite plateforme, et je suis chargé de la déployer sur le marché brésilien, dans un premier temps, puis de basculer tous nos utilisateurs de l'ancienne vers la nouvelle plateforme.
Une fois que ce sera fait, d'ici un mois, et si tout se passe comme prévu, je serai à la tête d'une équipe de 3 ou 4 personnes. Il me restera alors cinq mois pour faire de notre plateforme la référence sur le marché brésilien, et qui sait, de grignoter des parts de marché à Google...
Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ca va être ouf!!!
mardi 18 septembre 2007
Quelques nouvelles

L'appart est plein à craquer. Nous sommes quatre : Ma cousine Fanny, son amie Audrey, mon pote Julien, et moi. Ici, c'est un peu sea, sex and sun, mais sans le sun, car il a fait plutôt nuageux ces temps-ci.
Reflexion faite, il n'y a ni sea ni sex non plus, et tout porte à croire que j'ai essayé de faire une blague.
Trêve de plaisanteries, laissez-moi vous en conter une bonne : j'ai désormais un appareil photo, qui m'a été ramené par ma cousine. Je suis donc en mesure de prendre des photos.
Mauvaise nouvelle : je n'ai absolument pas le temps de poster sur ce blog en ce moment, car je pars du boulot tôt (c'est à dire vers 18h30) pour passer la soirée avec eux.
Mais je vous met une petite photo panoramique en pièce jointe, et promis, dès qu'ils seront partis, je vous raconterai comment nous avons escaladé les 400 mètres du pain de sucre et les 710 mètres du Corcovado à pied, à travers la jungle, en plein coeur de Rio.
Je vous raconterai également comment nous avons été attaqués par des singes, comment nous y avons survécu, et pourquoi nous sommes redescendus tout penauds une fois arrivés au Christ.
La bise,
Greg
lundi 10 septembre 2007
Não me deixe só
Au passage, j'en profite pour vous faire partager un morceau que je trouve magnifique :
Vanessa da Mata - Não me deixe só (Deeplick & Ramilson Maia Drum & Bass Remix)
Il s'agit d'une chanteuse brésilienne contemporaine, Vanessa da Mata, à la voix magnifique, remixée sur un fond electro (Drum & Bass, diront les connaisseurs).
Et si vous vous demandez ce que ça raconte, voici la traduction :
Ne me laisse pas seule
J'ai peur du noir
J'ai peur de l'incertain
J'ai peur des fantômes de ma voix
Ne me laisse pas seule
J'ai des désirs plus grands
Je veux des baisers interminables
Jusqu'à ce que les yeux changent de couleur
Ne me laisse pas seule
Car mon destin est rare
Je n'ai pas besoin que ce soit cher
Je veux le goût sincère de l'amour
Reste plus longtemps, car j'ai aimé t'avoir
Je ne voudrai plus personne
Maintenant que je sais qui me fait du bien
Ne me laisse pas seule
Ou je me battrai à la capoeira
Je suis dangeureuse, je fais de la magie noire
Je suis pour la paix, je ne suis pas méchante mais...
Ne me laisse pas seule
J'ai peur du noir
J'ai peur de l'incertain
Des fantômes de ma voix
Et de trois !
Facebook est magique... La semaine dernière, j'ai repris contact avec un de mes vieux amis de prépa, Julien (que d'aucuns surnomment Julien Extérieur, à HEC). Hop hop, ni une ni deux, on s'échange quelques messages polis, et ce matin il me sort :
"Tiens, tu sais quoi, j'ai bien envie de passer deux semaines à Janeiro, pour la fin des vacances."
Suivent quelques lignes pour me déclarer qu'il va prendre un petit hôtel, qu'il ne me gênera pas, etc, etc...
Hehehe...
Morale de l'histoire : il arrive demain (mercredi). On va donc être un peu serrés, à 4 dans l'appart, puisqu'il y aura également ma cousine Fanny et une de ses amies à partir de samedi, mais les deux prochaines semaines s'annoncent complètement folles !!
Et de trois, donc. Les reservations sont closes jusqu'à fin septembre, désolé.
Pour les autres mois, je compte sur vous !
samedi 8 septembre 2007
Indépendance ou Mort !
Hier, nous étions le sept septembre. Une bien jolie date, qui fut marquée au Brésil par une scène plutôt inhabituelle, il y a de cela 185 ans :
Le 7 septembre 1822, un certain Dom Pedro de Alcântara Francisco António João Carlos Xavier de Paula Miguel Rafael Joaquim José Gonzaga Pascoal Cipriano Serafim de Bragança e Bourbon se promenait au bord d'un ruisseau. En français, son nom donnerait quelque chose du genre : Pierre d'Alcantara François Antoine Jean Charles Xavier de Paul Miguel Raphaël Joachim Joseph Gonzaga Pascal Cyprien Seraphin de Brangança et Bourbon.
Où s'arrête le prénom, et où commence le nom, l'histoire ne le dit pas. Notons tout de même le petit "et Bourbon" final, cerise sur le gâteau de cette enfilade de prénoms masculins, qui identifie tout de suite son porteur comme un noble de la meilleure espèce.
Quand à nous, nous l'appellerons Pedro. Pedro était le prince-régent du Brésil, fils de Jean VI, roi du Portugal. L'histoire raconte que le sept septembre 1822, alors qu'il chevauchait à proximité du ruisseau Ipiranga, il fut rejoint par un messager qui lui apportait une lettre de son épouse. Après l'avoir lue, il se tourna vers sa suite, brandit son sabre, et beugla (le terme officiel est : proclama) "Indépendance ou Mort !". Puis il regagna Rio de Janeiro, alors capitale du pays, et fut sacré empereur du Brésil.
Ainsi, le Brésil devint un pays indépendant, et le 7 septembre un jour férié national. C'est donc sans surprise que je constata jeudi soir, en rentrant du boulot, qu'une grande scène était en train d'être montée sur la plage de Botafogo, juste en face de chez moi. (Avec même des crash-barrières, pour les connaisseurs.) Sans doute, me disais-je, les préparatifs de la mairie pour la grande fête de demain.
Tu parles !
En me rendant sur les lieux le lendemain, j'eu la surprise de constater que tous ces préparatifs étaient le fait de l'Eglise Universelle du Règne de Dieu, amen, qui organisait une petite sauterie en faveur de la paix à Rio de Janeiro, et qui avait invité tous ses fidèles. L'Église Universelle, pour ceux qui ne connaissent pas, est une emprise multinationale leader sur le marché de la foi au Brésil. Fondée à Rio en 1977, cette secte a acquis une puissance effrayante, avec 15 millions de fidèles au Brésil et une présence dans 170 pays. Une des raisons de son succès est probablement le fait qu'elle requiert de tous ses adeptes le versement de 10% de leur salaire, vieille tradition datant d'Abraham, et ressuscitée pour l'occasion.
Ainsi, ayant appliqué avec talent la partie "Prix" de la règle des 4 P du Marketing ( Produit, Prix, Place, Promotion), et proposant à qui voulait l'entendre de la foi payante à la place de la foi gratuite -donc forcément de meilleure qualité- Edir Macedo, auto-proclamé Archevêque de la boite, a su séduire la ménagère de moins de 50 ans.
Et pas qu'une seule... Ci dessous, une photo du Temple de la Gloire du Nouvel Israël, siège mondial de l'organisation, pour vous donner une petite idée :
Et donc, hier, jour de l'indépendance du Brésil, ils rassemblaient joyeusement 60 000 personnes sur la plage, pour demander à Dieu la paix à Rio, et qu'il "écrabouille la tête du démon", si nécessaire.
C'est d'une grande tristesse...
mercredi 5 septembre 2007
Home, sweet home
Enfin, me voilà logé, au bout de 2 mois passés à errer de point de chute en refuge, dans ma caravanne roumaine.
En vrai, lors de mon arrivée, j'étais logé dans un petit studio preté par Julien, meublé avec luxe et bon goût, et destiné à une clientèle de touristes américains. Il m'avait donné un mois pour me trouver un appart, et j'avais finalement opté, au bout de 3 semaines, pour la solution sous-location, beaucoup plus flexible et économique. Pas besoin de papiers, etc...
Cette solution s'est avéré un échec, les gens qui m'hébergeaient (un couple d'une trentaine d'année) étaient très sympas, toujours prêts à offrir une bière ou une caïpirinha, mais l'appart était globalement crasseux et ma chambre tristement déprimante.
Dès le deuxième jour, j'ai décidé de me trouver un vrai appart, et après pas mal de recherches, j'ai trouvé un 2 pièces meublé vraiment bien, mais un peu trop cher pour moi tout seul.
J'ai donc essayé de le partager avec un colloc, j'ai rencontré pas mal de personnes intéressées, mais en fin de compte la proprio s'est revelée un peu relou, et méfiante comme une vieille chatte. Elle ne voulait pas que je prenne de colloc'.
Mais l'un des types que j'avais rencontré m'avait dit qu'il cherchait un nouvel appart car il devait quitter celui qu'il occupait actuellement. Un studio meublé bien situé, et tout à fait dans mes moyens. Je l'ai recontacté, il m'a fait visiter, et j'ai tout de suite été emballé. Suivirent 2 semaines de règlements de papiers, et finalement, me voilà logé depuis hier.
Et laissez-moi vous dire que c'est G É N I A L !
J'ai un studio de 30 mètres carré, très tranquille, au 8ème étage, lumineux, et avec une vue qui sans être magnifique porte loin. Le quartier est animé, avec un centre commercial juste a coté. Et c'est à 20 minutes à pied du boulot.
Agrandir le plan
Oui, c'est au bord de la plage, mais ne rêvez pas : la plage de Botafogo est pourrie, juste à coté du Yacth Club. Personne ne s'y baigne, on peut juste y jouer au beach-volley. Pour les plages, il faut prendre le bus ou le métro, pour descendre à Copacabana ou Ipanema. C'est juste en bas.
Donc voilà, en tout cas, ça fait du bien de se sentir chez soi :)
dimanche 2 septembre 2007
Le retour du chien chaud
S'il y a bien une chose qui manque cruellement ici, en termes de bouffe, mis à part la baguette, le gruyère à un prix réel, le saucisson (le vrai), les rillettes, et toutes ces petites choses qui font de la France un pays où l'on mange bien, c'est bien le Kebab !
Or le Kebab, à Paris, c'est le Mac Do du pauvre, à la fois indice de prix (un restau égal 3 kebabs) et bouée de sauvetage pour l'étudiant désargenté. En bref, une option sûre pour avoir le ventre plein à un prix fixé une fois pour toutes par le marché, béni soit-il. Quatre euros cinquante, et pas une frite de plus.
Au Brésil, donc pas de Kebabs. Le repère en termes de bouffe grasse à prix mini est ici le chien-chaud de rue, dans sa version motorisée. le chien-chaud, et ce n'est pas moi qui l'invente, c'est en portugais le cachorro-quente, la preuve ultime que ce pays n'a peur de rien en matière d'inventivité linguistique.
La gastronomie n'est pour sa part pas en reste, puisqu'un authentique chien-chaud se compose forcément et nécessairement des ingrédients suivants, dans l'ordre de leur utilisation :
- du pain brioché, d'environ 25 cm de long
- une saucisse de Francfort
- des petits-oignons revenus à la sauce Tomate
- 3 gros traits de ketchup / moutarde / mayo
- une cuillerée de maïs en conserve
- la même cuillerée de petits-pois en conserve
- Un oeuf de caille, dur. Le deuxième oeuf est en option
- Un bon gros tas de pomme-paille (pomme-de-terre rapées puis sautée)
- et pour les gourmets, un jet de parmesan rapé.
Cette recette est gravée dans la roche de la culture brésilienne, et où que vous alliez, aucun de ces éléments ne saurait manquer, sauf demande expresse de la victime. On peut en revanche en rajouter d'autres, à la fantaisie du chef, qui cherche ainsi à différencier son produit.
Car, avouons-le, et c'est là tout l'objet de la version motorisée du chien-chaud de rue, la concurrence est rude. A l'époque où j'ai quitté le Brésil, début 2000, les chiens-chauds étaient fabriqués dans la rue sur des petits stands montés sur roulette. Aujourd'hui, le Brésil étant une des 3 grandes puissances en développement, le stand sur roulette a été avantageusement remplacé par le minivan asiatique "Kia Towner", aussi laid que bon marché.
Bien amenagé, il peut accuillir un stand complet de confection de chiens-chauds, y compris la glacière pour les boissons. Ainsi, en sortant le soir et le week end, dans les endroits de passage, vous croiserez certainement 6 ou 7 stands de chiends-chauds itinérants, groupés au même endroit, tous dans le même minivan Kia Towner, avec le même produit vendus contre les mêmes 2 reais, ou 2 reais 50 en promo avec la boisson.
Chacun de ces minivan rassemble un petit groupes de clients avides, bien que les raisons exactes qui motivent le choix de la clientèle en faveur de l'un des stands plutôt que l'autre ne me semblent pas claires... Il semblerait qu'on soit en présence d'une situation de concurrence pure et parfaite, et que chacun choisit son "dogueiro" de manière aléatoire.
Toujours est-il que le bénéfice net, après corruption du flic du coin qui vient jouer le contrôle d'hygiène, s'élève a 1200 reais par mois selon ce site, ce qui permet, croyez-en mon expérience, de vivre presque correctement.
Quand à moi, je n'ai pas déjeuné, il est 20h, et j'ai super faim. Je sais que je vais croiser un attroupement de chiens-chauds sur le chemin du retour. Mais il faudra y resister, j'en ai déjà englouti un hier....
