On trouve de tout dans les rues de Rio. Outre les vendeurs de chiens-chauds, que les lecteurs les plus assidus connaissent bien, on trouve fabricants de brochettes et vendeurs de billets de loterie parallèle, réparateurs de cocotte-minute et joueurs de dames, vendeurs de boissons et trafiquants de DVD, j'en passe et des meilleurs.
Le Brésil a su, de manière frappante, reconquérir et humaniser l'espace urbain. Sans doute faut-il l'attribuer à ce climat chaud et humide qui pousse la population dans la rue. Rien de plus naturel que de trouver, le soir, sur un terre-plein un peu large au beau milieu d'une rue mouvementée, des gens assis autour d'une glacière pleine de bière fraiche, et ce ne sont pas les voitures tout autour qui changent quoi que ce soit.
On trouve de tout, donc dans les rues de Rio, et surtout des buveurs de bière. Pourtant, il y a une chose qu'on ne trouve pas. Il s'agit des canettes de bière vides. Faites l'expérience : posez une canette vide par terre, et allez faire un tour. Deux minutes après, la canette n'y est plus. Envolée, butinée par un ramasseur de canettes.
Ils sont nombreux, au Brésil, les ramasseurs de canettes, qui trainent derrière eux leurs grands sacs-poubelle remplis de canettes vides. Parfois, on les trouve a un coin de rue, en train d'écraser une par une, d'un coup de pied vigoureux, leur précieuse cargaison, afin qu'elle occupe moins de place dans leur sac.
Car l'aluminium est racheté au kilo par les entreprises de recyclage. Vous me direz, en France aussi, et pourtant, personne n'y recycle l'aluminium. C'est là toute la vertu d'un régime véritablement capitaliste. Le salaire minimum étant ici 2 fois inférieur à ce qu'il faudrait pour vivre misérablement, ramasser des canettes devient une entreprise lucrative, et ce n'est pas au Brésil que les pauvres vont rester le cul par terre en attendant de toucher le RMI. Normal, il n'y en pas.
On voit donc toutes les vertus positives du capitalisme sur l'environnement. En France, on compte sur l'État pour obliger les gens à faire le tri sélectif. Au Brésil, on laisse place à l'initiative privée, motivée par le désir d'enrichissement personnel, pour effectuer ce travail et retirer des rues chaque jour des dizaines de milliers de canettes qui autrement eussent fini dans la nature.
C'est beau.
Notez qu'on peu également envisager le problème à l'envers, et déclarer que grâce à ce même capitalisme qui produit des tonnes et des tonnes de canettes de Coca-Cola et autres saloperies polluantes, on donne plein de travail à des pauvres gens qui autrement n'auraient rien à faire de leur journée.
Bref, dans tous les cas, on gagne.
Alors moi je dis, youpi, vive les pauvres, vive le capitalisme, et vive les canettes en aluminium.
Et j'en profite pour vous rappeler qu'il y a une ville, je ne sais plus où en Asie, ou les petits enfants passent leurs journées à ouvrir des piles électriques usagées pour y gratter les produits chimiques à l'intérieur afin de les revendre au kilo. Que ferait-on de nos vieilles piles sans eux ? Que feraient-ils sans nos vieilles piles ? La perfection avec laquelle toutes les pièces du grand puzzle de la vie s'emboitent me laisse parfois ému. Et me font croire en une puissance supérieure qui aurait la force d'organiser tout ça.
L'Argent.
jeudi 6 mars 2008
Des vertus du capitalisme sur l'environnement
mercredi 5 mars 2008
Hello!
Juste pour vous dire très rapidement : merci beaucoup à tous ceux qui m'ont souhaité un joyeux anniv, pas trop eu le temps de répondre, mais je vous promet que je fais ça demain, et que je vous raconte la fameuse histoire de l'alumunium.
A demain!
:)
vendredi 22 février 2008
Et hop !
Un nouveau post ! Le dernier lançait : "me voila enfin de retour sur ce blog. Pour combien de temps ? Je l'ignore :)"... Pas faux. 12 jours se seront donc écoulés. Je remercie ceux qui me lisent encore malgré tout ce temps sans nouvelles, et je n'ose pas aller voir mes stats de visiteurs / jour sur Google Analytics.
Bon, trêve d'introductions, ronds-de-jambe, et autres tournures de pot. De quoi va-t-on parler ce soir ? That's the point. J'ai quelques belles histoires à vous raconter, dont une, notamment, illustrant les vertus salvatrices du capitalisme sur le recyclage de l'aluminium. Mais avant cela, je vais essayer de vous parler un peu de ma nouvelle vie. Et promis, si au moins une personne poste un commentaire sur ce post, histoire de me donner un signe de vie, je vous raconterai l'histoire sus-mentionnée.
Ma nouvelle vie, donc. Le 12 février, Marcio est parti. Marcio, pour ceux qui n'ont pas suivi, était le mec qui dirigeait le secteur quand je suis arrivé. J'ai donc repris son poste, tout en créant en parallèle une équipe de programmeurs pour développer des sites internet. Aujourd'hui, 10 jours seulement se sont écoulés, mais je suis fier de mon équipe. J'aimerais vous la présenter.
Tout d'abord, Nina. 24 ans, sympa comme tout, l'air un peu effacé au début, je sens de plus en plus une super énergie en elle. Motivée, intelligente et travailleuse, elle s'occupe de la gestion opérationnelle du réseau d'affiliation. Elle m'a raconté hier soir avoir reçu une proposition pour taffer dans une autre boîte, un peu mieux payé, mais elle a préféré rester ici car ça lui plaisait elle se sentait bien.
Puis, Cau, de son vrai nom Luis-Claudio, 40 ans, 10 ans d'expérience en programmation. L'air gros nounours, très sympa et volubile, j'ai eu peur au début que cela soit mission impossible de travailler avec lui, dans la mesure ou il a presque 2 fois mon âge. Mais au final, ça se passe bien. La qualité de son travail est au top, et il a l'air de se sentir bien ici.
Ensuite, Julian, qui fut la première personne que j'ai recruté. Programmeur lui aussi, il est la depuis fin décembre. Entré comme stagiaire, j'ai eu le plaisir de lui annoncer l'autre jour qu'on allait le faire passer en CDI.
Ensuite, Leandro, qui gère le matériel informatique de toute la boite, et la partie technique des campagnes de pubs sur Afilio.
Enfin, Gustavo, qui est pour l'instant le dernier a être arrivé. Grand black souriant et adorable, il s'occupe du service client, et de la réparation des petits soucis informatiques du quotidien.
5 personnes, donc, bientôt 7, car nous allons recruter encore un type pour le service clients et un graphiste. Je ne saurais vous dire a quel point cette expérience est incroyable.
Je m'efforce tous les jours d'être un type bien, de donner l'exempler, et de crér au sein de l'équipe de la motivation et du plaisir à bosser ici. Sérieux quand il faut être sérieux, déconneur parfois, jamais autoritaire, et toujours à l'écoute, je suis fier de mon équipe et de notre travail. Heureux quand Nina m'a dit que si elle était resté ici plutôt que d'accepter une nouvelle offre de job, c'était aussi en partie a cause de moi.
Et voila... Je sais, s'il fallait mettre une étiquette à cet article, ce serait "autokiff". Je vous jure que pendant 5 secondes, après m'ettre relu, j'ai songé a tout effacer a écrire mon histoire sur le recyclage de l'aluminium et le capitalisme Mais d'une part j'ai eu la flemme de tout recommencer, et d'autre part, j'avais envie de partager tout ça.
Alors, tant pis. J'espère que ça vous a au moins donné envie d'entreprendre. De croquer la vie, profiter de tout ce qui bouge. Serrer le poing, se battre, exiger toujours plus de soi, et aller de l'avant. Mes plus sincères excuses si j'ai été présomptueux
Mais surtout...
surtout...
J'AI HÂTE DE VOUS REVOIR!!
dimanche 10 février 2008
De retour !
Hello à tous !
Me voila enfin de retour sur ce blog. Pour combien de temps ? Je l'ignore :)
Laissez-moi donc vous conter en vrac les événements depuis mon dernier passage.
Tout d'abord, arrivée à Rio de ma très chère camarade Emilie, surnommée Bine depuis aussi longtemps que je la connais. Arrivée le jeudi, elle aura le temps de travailler un jour, avant que l'on ne s'embarque pour le carnaval, qui a officiellement débuté samedi dernier.
5 jours de carnaval, donc, de samedi à mercredi, très sympa. Pas la folie telle que je l'imaginais, mais je dois avouer que nous avons eu tendance a fuire la foule, par paresse et par manque d'infos. En revanche, nous assistâmes au défilé, et c'était magique. On aurait dit Eurodisney, mais en plus grand, et avec des dames plutot moins habillées que Minnie.
Puis, un peu de boulot jeudi / vendredi, et de nouveau le week end. Là encore, nous n'avons pas fait grand-chose. J'ai un peu bossé, et j'ai officiellement déposé ma candidature à la majeure Centrale, afin de faire ma troisième année chez les geeks de Centrale plutôt qu'à HEC. Déjà que le campus me manquait... Ca ne vas pas s'arranger. Mais je suis excité a l'idée de découvrir un nouvel endroit et plein d'ingés. J'ai découvert à cette occasion que je pouvais appeler des gens en France pour pas cher depuis Skype! Donc qui sait, ce sera toi peut-être que j'appellerai demain. Ou toi. Ou toi. :)
Aujourd'hui, comme tout dimanche qui se respecte, plage à Ipanema. Eau propre et agréable. Enormes rouleaux. Beaucoup de plaisir. Puis, retour tranquillement vers la boite histoire de taffer un peu, et arrêt au passage chez Caféina pour un gigantesque petit déjeuner / brunch à 3 heures de l'aprèm. Cout total de l'opération : 10 euros.
Le soleil est donc de retour avec force, une brise agréable souffle a travers la porte grande ouverte donnant sur le jardin. Le boulot, avec son lot d'emmerdes, est toujours intéressant. Depuis le départ de Marcio, vendredi, je me retrouve donc enfin et officiellement à la tête de 2 équipes de 2 personnes. Nina et Leandro pour l'affiliation, et Luis Claudio et Julian pour le développement de nouveaux sites internet. Sur les conseils d'Emilie, j'ai prévu de faire une réunion demain avec eux histoire de faire un peu de team-building et de favoriser l'échange, le partage, les fleurs, la productivité et les petits oiseaux.
Ca à l'air creux comme ça, mais il est vrai qu'hormis Leandro, les 3 autres sont arrivés il y a peu de temps, et donc personne ne comprend très bien le rôle des autres et sa propre position dans la boite. Les choses sont d'autant plus floues qu'ils sont tous regroupés, au yeux du reste de l'équipe, sous la bannière "affiliation", et personne n'est au courant de l'existence de cette équipe de développement qui vient tout juste d'être créée.
Il va donc falloir mettre tout ça au clair, affirmer la position de chacun, y compris la mienne, et, comme d'habitude, aller de l'avant....
Finalement, je regrette un peu le temps de l'insouciance de ces deux années à HEC, ou la responsabilité la plus lourde que nous avions à porter était de devoir assumer de sécher les cours et de courir le risque de se taper une sale note... Tout cela me manque un peu. Les amis me manquent, aussi. Heureusement qu'Emilie est la pour me tenir au courant de toutes les histoires qu j'ai raté (Kerdraon *****tion, etc, etc...)
Bah voila, c'était une petite tranche de vie. Merci à ceux qui s'y sont intéressés, bisous à tous, amis, famille, et autres, et promis, je vais essayer d'écrire des choses plus intéressantes.
(Et Ju, j'attends toujours tes 1000 euros pour Take the Trip!)
jeudi 7 février 2008
Les murs de Rio
N'en déplaise à ceux qui aiment les murs tout gris, la culture du tag est incroyablement dévelopée à Rio. Visuellement, les tags cariocas se distinguent des tags parisiens par leur naïveté. Le trait est simple, les formes colorées, le style fait penser aux cartoons américains, avec quelques exeptions.
En voici quelques-uns de mes préférés en vrac, provenants pour la plupart du mur du Jockey club.
(si les photos ne s'affichent pas, ou si vous ne pouvez pas les voiren grand cliquez ici)
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lundi 21 janvier 2008
Après 50 Cent
Qui ne connait pas le rappeur américain 50 Cent ?
Vous êtes pourtant beaucoup moins nombreux à connaitre B1$(()!70 MRV - lisez Biscoito MRV, et traduisez Biscuit MRV, un petit gars des favelas qui sera sans doute la plus grande rap-star du Brésil!
En vrai, je ne sais absolument pas qui est ce gamin, juste un petit utilisateur de Dablink sur lequel je suis tombé au détour d'un site, et qui me fait bien marrer...
Et j'en profite pour vous annoncer que Dablink est désormais a 3500 visiteurs uniques par jour... Chaque jour, le petit Dablink grandit... C'est dingue!
Boire de la bière au Brésil
Boire de la bière au Brésil est un acte de base de la vie quotidienne, comme manger, respirer, prendre le bus, ou aller à la plage. Un réflexe de survie qui s'acquiert dès le plus jeune âge, et qui vous accompagne tout au long de votre vie.
Décryptage.
A Paris, vous êtes avec des potes dans un bar. Vous avez le choix entre l'expresso (cher, petit, 0% d'alcool) et la bière (1 euro de plus, 30 fois la quantité d'un expresso, de 3% a 6% d'alcool). Pas con, vous commandez une bière. Vous la buvez, eventuellement en prennez une deuxième, et partez.
Au Brésil, vous êtes avec des potes dans un bar. Vous avez le choix entre la bière bouteille, la bière pression, et la bière en canette vendue par un mec sur le trottoir juste a coté du bar. Les prix se valent à peu près, à savoir moins d'un euro, et elles ont une caractéristique commune : elles sont servies légèrement en dessous de zero degré celsius. Le degré d'alcool, lui, ne bouge pas, contrairement à vous, après avoir décidé -pas con- d'en prendre 5 ou 6.
Mais ce serait être bien présomptuex d'imaginer que ce bref tableau récapitule toutes les différences. Non Monsieur, bien au contraire. Il n'en est que l'avant-goût. Allons-y pour une énumeration !
La première chose qui frappe, comme je vous le disais, est la température à laquelle on consomme la bière au Brésil : proche, voire inférieure à zéro degrés, et toute température supérieure serait inacceptable. Une bière chaude (plus de 5 degrés) est renvoyée illico au serveur, pour un échange standard, et si le problème persiste, les clients s'excitent.
La seconde grande différence est l'éternel dilemme "bouteille ou pression ?" ("no chope ou na garrafa ?"). La bière bouteille est nettement moins chère que la bière pression, mais cette dernièe est réputée plus fine, plus savoureuse. Les bars servent généralement soit l'une, soit l'autre, et c'est un facteur-clé pour déterminer la côte du bar et le type de soirée.
La bière bouteille est associée à une image plutôt populaire, car environ deux fois moins chère que sa grande soeur pression. Dans les bars en mode bière bouteille, l'idée est de débarquer avec une bande de potes, et de s'assoir là ou il y a de la place. Sur des chaises en plastique, sur un muret, sur le troittoir, etc... Ensuite, le serveur vient vous demander le nombre de bouteilles que vous voulez, et les amènes, accompagnés d'un nombre variable de verres à bierre bouteille.
Le verre à bière bouteille est une institution, bien que personne à ma connaissance ne semble vraiment s'en rendre compte. Dans absolument tous les troquets du Brésil, vous trouverez toujours la bière bouteille servie exactement dans le même type de petit verre banal, tellement banal avec ses cotés ondulés que plus personne ne le remarque, mais il suffirait que la bière soit servie dans autre chose pour que tout le monde se dise instanéement que le bar en question à quelque chose d'anormal.Revenons-en a la bière bouteille. Le serveur en amène un certain nombre, insérées dans des protection thermos qui les préservent de la chaleur, les coche sur un bout de carton, et repète l'opération une dizaine de fois au cours de la soirée. Au moment de partir, on compte les cadavres (de bière), et chacun paye sa part.
Une variante de l'opération décrite ci-dessus consiste à acheter sa bière dans la rue, a des types qui trainent derrière eux des grandes glacières en polystirène. Dans ce cas, il s'agit de cannettes, que l'on boit sans verre, et que l'on paye avant de consommer. Le cadre, lui, reste le même.Tout autre cadre est celui du bar en mode "bière pression". Plus chic, il n'est pas question de s'assoir n'importe où. On prend une table, et on commande une tournée de "chopis". A partir de là, les choses se passent de la même manière que dans le bar à bouteilles, sauf qu'il s'agit de choppes de 300 millilitres, et non plus de bouteille ou de cannettes.
Bref, dans tous les cas, elle doit être glacée -on n'insistera jamais assez là dessus- et abondante. Sans goût, mais rafraichissante, et consommée dans strictement toutes les occasions, sans aucun changement au rituel, si ce n'est le choix de la marque -il y en a 3 ou 4 qui tiennent le haut du marché- et eventuellement le choix de la couleur : brune, pour les excentriques.
Et c'est ainsi, dans ce cadre et dans ce rituel inchangé depuis 200 ans que se déroule la splendeur et la misère de la vie brésilienne. Les rencontres et les séparations, les victoires et les défaites, la vie et la mort, Jordy Lemoine et Carla Bruni, et autant de vestiges de la culture française que je vous narrerai un autre jour...





























