mardi 31 juillet 2007

PS

Devinette pour les HEC ayant vu le dernier Harry Potter :

Luna Lovegood me fait terriblement penser à quelqu'un...

A vous de deviner qui.

(J'attends plus particulièrement l'avis de mon camarade et confrère bloggueur, M. Marcadet)

Semaine 5 - Learning to fly

Trop peu de gens, hélas, connaissent le film Zombie de George Romero (1978) .

Sous ses airs de film de série B placide, le cinéphile averti y décrypte une formidable critique de la société de consommation. En résumé, dans l'Amérique en proie à une terrible épidémie de zombies, 3 personnes trouvent refuge dans un centre commercial, et commencent a y organiser leur vie.

Bizarrement, mon samedi dernier m'a semblé après coup tout droit sorti du film.

Je suis entré dans un centre commercial vers 11h, pour y acheter une nouvelle boite de lentilles de contact. Curieux par nature, j'ai effectué un tour complet du centre, et arrivé au dernier étage, j'y ait répéré un mac do et un ciné.

A l'affiche du Macdo, le big burger brandé Shrek. Au ciné, Harry Potter et Die Hard, deux films que je voulais voir. Il est 11h30, il y a une scéance pour Harry Potter maintenant, mais je crève de faim. D'un autre coté, la prochaine scéance de Harry Potter en VO n'est qu'à 14h40. Les autres sont en VB.

La faim fini par l'emporter, et j'attaque le DoMac. J'ai été surpris. Par le prix - cher, autant qu'un restau, et par le poids du burger- énormissime, c'était tout juste s'il ne fallait pas le prendre à deux mains

Ces considérations passées, il s'est mis à pleuvoir méchament, je n'avais pas de parapluie, rien à faire à l'appart où je loge provisoirement, et une terrible envie de voir ce film. Mais 14h40... C'est dans un bout de temps... Que faire ?

Parti à nouveau explorer toutes les ressources du lieu, je découvre au 4ème étage une grande librairie, genre la fédération nationale d'achats des cadres (la fnac, quoi)

Je me suis mis à engloutir des bouquins aussi vite que le MacShrek, devorant les images, avalant les lettres. Je me suis ainsi fait en 2h "comment devenir un leader", "optimisation des interfaces web", "programmez en Ajax", "constructions et architecture de la planète", "40 ans de design by philippe starck" "les juifs, l'argent, et le monde" (d'atalli, je ne lui connaissais pas ce livre), "vivre sans un rond à Paris", "designers brésiliens", et j'en passe...

Puis, Harry Potter, où je suis resté fasciné, scotché, touché par la beauté de l'actrice qui joue Hermione. J'en suis ressorti en éprouvant une certaine tristesse.

La beauté m'obsède. Pas nécessairement la beauté physique, pas ma beauté personnelle. La beauté, le beau en général. Et qu'on ne me fasse pas le coup du "mais qu'est-ce que le beau". D'où, au passage, mon goût pour les bouquins de design, pour le graphisme, etc...

Comme il pleuvait toujours après le film, retour à la librairie.

A ce niveau du championnat, comme on dit au Brésil, j'avais commencé à trouver le bon plan : le posage sur les sièges du rayon musique, ou ils diffusaient à ce moment là le DVD du concert de Pink Floyd.

Je me suis extrait de là vers 20h, quand il avait arreté de pleuvoir, et que le Pink Floyd avait été remplacé par une version locale saxophoniste de G. Lemarchal -même air maladif, même sourrire débile.

Et là, tout ça, la pluie, Pink Floyd, l'incroyable quantité de bouquins survolés, le bruit incessant de ce centre commercial, Harry Potter, Hermione Granger, les oreilles vertes du MacShrek, moi, les consommateurs, Rio... Je me suis senti complètement désorienté. Comme un de ces Zombies de centre commercial évoqués par le film de Romero.

J'ai ressenti à ce moment précis un besoin réel et urgent de retouver des amis, des figures connues, un environnement connu, et pendant une fraction de seconde, j'ai cru qu'il suffisait de prendre le RER pour combler ce manque.

En fait non.

Un peu désorienté, je suis rentré chez moi. Et après avoir médité sur cette journée complètement hors du temps, j'ai pris conscience de plusieurs choses qui sont des lieux communs maintes fois répétés, mais qui me sont pour la première fois apparus d'une piquante réalité :

1. Les amis c'est important.
2. Il faut être heureux au présent.
3. Beauty is everywhere

J'ai toujours detesté ces pseudos conseils pipeau. Mais je me suis rendu compte qu'il y a du vrai dans tout ça.

Accessoirement, je suis aussi devenu complètement fan de Pink Floyd que je détestais.

Tout ça pour vous dire que ce post a failli ne jamais voir le jour. Mais quand je lis Thomas, quand je lis Julien, je me rend compte qu'on traverse sans doute tous la même chose.

Mon conseil perso : enchainez Zombie - Dawn of the Dead, pas les autres, American Beauty, Shrek, Harry Potter, et Pink Floyd. Dans cet ordre ou un autre. Peu importe.

lundi 30 juillet 2007

Semaine 5 - Quelques métieurs à découvrir

Si jamais vous vous ennuyez au bureau, je vous propose de découvrir quelques métiers que vous ne trouverez qu'à Rio.

1. Flanelinha.

Le nom du flanelinha vient de son instrument de travail : la flanela. La flanela, dont le français flanelle existe également, n'est autre qu'un "morceau de tissu duveteux et doux au touché".

Autrement dit, un chiffon, et laissez-moi vous dire que celui des flanelinhas est rarement doux, et moins encore duveteux.

Néanmoins, la flanela est d'un multiple usage au flanelinha qui sait la manier. Tout d'abord, astucieusement agitée à grand renfort de vociférations, elle permet d'attirer votre attention alors que vous êtes au volant, dans l'hypothèse où vous seriez à la recherche d'une place de parking.

Car tel est le métier du flanelinha. Véritable parkmètre humain, il a pour mission de vous signaler une place libre, de vous aider à vous y garer (recule, recule, ouais c'est bon - le tout accompagné de grands coups de flanela), et accessoirement, de veiller à ce qu'aucun pivete ne la prenne pour un Vélib' et se mette en tête de vous l'emprunter.

A l'origine, la flanela servait également au flanelinha pour dépoussiérer le pare-brise, mais ce service est en voie de disparition, tant par paresse du flanelinha, qui a d'autres chats à fouetter, que par méfiance des conducteurs, qui, au vu de ladite flanela, se demandent ce qui pourra bien passer au travers de leur pare-brise après l'opération.

Sans doute pas la lumière.

Vous l'aurez compris, le flanelinha est une abomination, visée et reconnue par la mairie, qui leur offre des gilets homologués leur donnant droit d'exercer la profession. Abomination, car contrairement au parkmètre, on ne peut pas faire semblant de ne pas l'avoir vu. Il est prêt à poursuivre le client réticent, flanela au vent, pour lui faire payer les 4 reais qui saluent son effort. Et autant vous dire que le mauvais payeur fait courir un gros risque de rayure à sa monture.

Dans le prochain post, nous découvrirons ensemble le métier de "malabarista de sinal"

vendredi 27 juillet 2007

Semaine 4, Jour 5 - Méfiez-Vous Des Imitations...

La perfection existe, j'en suis convaincu, mais elle ne s'offre pas au premier venu, et encore moins du premier coup.

Non Madame.

Et c'est ainsi que mon premier plat de pâtes, celui-là même dont je vous contait l'existence quelques posts auparavant, se déroula sans gruyère rapé.

Shit happens !

Soucieux de toujours apprendre de mes erreurs, je suis allé en acheter le lendemain, en prévision de l'Avenir. Espoir bien vite déçu : je n'en ai trouvé nulle part. Pourtant, je savais que les Brésiliens mangent du parmesan avec leurs pâte : je les ait vu de mes yeux. Pourquoi pas du gruyère rapé ?

Après enquête, je suis en mesure de vous dire qu'il existe en réalité pas moins de deux sortes de fromages différents au Brésil. De fromage local, j'entends. Le fromage blanc, et le fromage jaune - qui est cuit, qui l'eu cru ?

De Gaulle aurait du naître Brésilien...

Je m'étais donc resigné à acheter du fromage jaune rapé quand mon regard, attiré sans doute par une marque plus que familière, se posa sur un petit sachet de 250g d'emmental Président. Non-rapé, mais qu'importe ? Coup d'oeil sur le prix : 58,40 reais - 49,90 si vous avez la carte du magasin, soit environ 19 euros. Les 250 grammes...

A ce prix là, je me suis demandé s'il n'avaient pas mis un antivol sous l'étiquette.

Ceci dit, de la même manière qu'il y a des produits bons marché qui sont hors de prix ici, on trouve des produits chers en France bradés quelques kopecks. Et je ne parle pas des fruits exotiques, mais d'un produit d'apparence aussi anodine que la crème de marron glacé.

Nous connaissons tous la crème de marron Clément Faugié, délicatement parfumée à la vanille, et dont nous nous sommes tous empifrés à un moment ou un autre, avec ou sans fromage blanc. Et bien, ce produit cher en France, on peut le trouver à 5 reais 90 à Rio. Et je parle d'une boite de 600 grammes, pas d'un misérable petit pot de 25 grammes.



Bien sûr, à ce prix là, ce n'est pas de la Clément Faugié, mais cela reste assez surprenant. Surtout quand on sait qu'il y a autant de marroniers au Brésil que de kébabiers à Jouy-en-Josas.

Un rapide tour sur la liste des ingrédients a vite fait de dévoiler le poteau rose : beta-carotène, conservateurs, etc., et... patate douce ! Patate douce ? Une sorte de tubercule sucré et rougeaud, qui pousse dans le coin :



Et c'est avec ça qu'ils confectionnent leurs marrons glacés...

J'ai bien envie d'en ramener deux boîtes dont j'épandrai le contenu sur la tombe de Clément Faugié. Juste pour voir s'il se produit une petite explosion, ou un truc du genre...

lundi 23 juillet 2007

PS

Au fait, ce sont vos commentaires qui me donnent la motivation d'écrire chaque jour tous les 4 jours... Ecrivez ce que vous voulez, mais au moins, je sais qu'il y a des gens out there qui lisent tout ça.

Et ça me fait plaisir.

D'ailleurs, pour vous faciliter la tâche, je vous invite d'ores et déjà à souscrire au fil Atom, en cliquant sur le lient correspondant tout en bas de la page.

Ca va vous permettre, si vous êtes un geek bien équipé, d'être au courant des nouveaux messages, mais ne demandez pas comment ça marche, je ne m'en sert pas.

jeudi 19 juillet 2007

Semaine 4 Jour 2 - Du Boulot Et De Ce Qu'on Y Fait

Vous vous demandez peut-être ce que je fabrique à longueur de journée ici ?

Pas moi !

Mais je me suis dit qu'il était peut-être temps de vous en dire plus sur le Boulot. Avec un B majuscule, car le Boulot, tout comme le Bureau et la Boîte, est avant tout un concept.

Trêve de philosophie, je bosse dans une boîte (pardon, une Boîte) dans les Nouvelles Technologies (internet, quoi). La Boîte est à l'origine une régie publicitaire online, c'est-à-dire qu'elle dispose d'un réseau de sites partenaires sur laquelle elle diffuse les publicités des annonceurs.

Autrement dit, aujourd'hui, en France, si vous voulez avoir votre pub sur internet, vous vous adressez à la Boîte, et celle-ci diffuse votre pub sur ses sites, moyennant contrepartie financière. Et réciproquement, si vous avez un site, comme, disons, radio.blog.club, et bien vous pouvez gagner de l'argent en étant partenaire de la Boîte.

Plutôt simple, comme métier.

Sauf que la Boîte, pas bête pour deux sous, s'est lancé dans un grand programme de croissance. Croissance à l'étranger, par le biais de ses filiales brésiliennes, chinoises, suédoises, indiennes, et tcétéra, mais également croissance par diversification de ses activités. Ainsi, entre autres, elle dispose d'une régie à la performance.

La régie à la performance permet de diffuser de la pub tout comme la régie publicitaire dont je vous ait expliqué le fonctionnement. Sauf qu'au lieu de payer à chaque fois que sa publicité est affichée sur une page, l'annonceur paye au clic.

D'où l'expression à la performance, car lorsqu'un internaute clique sur une bannière, on considère qu'il est intéressé par le produit de l'annonceur, d'où vente, d'où performance.

Vous me suivez ?

Bon, et donc, dans la régie à la performance, on a tout plein de petits sites, contrairement à la régie normale, où on ne gère que quelques grands sites. Tout le problème est justement de gérer ces petits sites, de surveiller qu'ils ne trichent pas, de suivre l'évolution des campagnes, et surtout, surtout, de mieux communiquer pour recruter plus de moyens sites, parceque les petits sites, yen a marre.

Donc voila ce que je fais. Plus concrètement, je bosse de 9h à pas d'heures dans un chouette bureau avec mes potes Marcio et Léandro, et on gère à tous les trois ce chouette bordel, avec la bénédiction ou le courroux - c'est selon - de notre bien aimé boss Julien.

Honnêtement, si je bosse jusqu'à tard le soir, c'est vraiment parceque le boulot me plait, parce que je pourrais faire comme la moitié des gens et me casser vers 19h... Et donc en ce moment, je me demande comment on va bien pouvoir faire pour recruter des moyens sites, avoir des nouvelles campagnes qui payent mieux, et lutter contre la fraude...

Accessoirement, j'essaye aussi de me trouver un appart sympa, d'effectuer la bureaucratie nécessaire pour avoir le droit d'être brésilien et d'ouvrir un compte en banque, et pour garder ce blog en vie, et poster au moins un article par semaine...

C'est pas gagné

mercredi 18 juillet 2007

Fin de semaine 2 - A la recherche des spots

Avant de partir, j'avais dans l'idée que Rio était un bon spot pour surfer. Julien (le big boss de la boite, pour ceux qui ne suivent pas) est d'ailleurs lui-même grand surfeur et adepte de sports extrêmes devant l'éternel.

C'est pourquoi, en allant à la plage la semaine dernière, j'étais un peu surpris de trouver des petites vagues pas vraiment surfables, et pas la moindre trace de surfeur à l'horizon.

En revanche, il y a avait quelques bodyboardeurs, et j'ai essayé de faire comme eux, version sur le ventre sans bodyboard : prendre des grosses vagues et se laisser déferler avec jusqu'à toucher la plage. Ca n'a l'air de rien comme ça, mais je peux vous dire que les sensations fortes sont garanties. 15 secondes qui semblent durer 15 heures, sans respirer, sentant son corps décoller sur la crête de la vague, sensation de voler. Puis, la vague se casse en tourbillon d'écume, et secoué, balloté, peur de heurter le sable, peur de ne plus avoir assez d'air, on finit par se relever...

Alors, chancelant, on n'a qu'une seule envie : 5 minutes de sable chaud, et enchainer avec la vague suivante.

C'est ainsi que samedi je me suis levé tôt, et avec un bon petit dèj dans le ventre, je suis allé me faire quelques vagues à Copacabana. Et en arrivant sur la plage, j'ai eu la surprise de constater qu'elle était blindée de monde, avec beaucoup de bateaux dans l'eau, et quelques hélicos. J'avais totalement oublié que c'était le coup d'envoi des Jeux Panaméricains.

Les Jeux Panaméricains, c'est un peu les Jeux Olympiques de l'Amérique, Etats-Unis, et Canada compris. A cette différence près que autant les Jeux Olympiques sont un événement mondial, autant les Jeux Panaméricains, hormis le pays d'accueil, tout le monde s'en fout, y-compris les autres pays du continent américain.

Et justement, il se trouve que cette année, Rio a le bonheur d'accueillir les jeux, ce qui explique la foule présente sur la plage de Copacabana ce samedi pour assiter au triathlon ou je ne sais trop quoi. Il parait qu'il y a des mecs qui sont en train nager 10 kilomètres dans la mer. Bon. Ca ne m'enpêchera pas de me faire deux ou trois vagues.

Je sors de l'eau épuisé, et part déambuler le long du rivage. C'est alors que je croise deux jeunes, cheveux longs et planches de surf sous le bras, qui semblent se demander comme moi par où passer avec toute cette foule.

Et là, je ne peux m'empêcher de me demander où ils vont bien pouvoir aller pour surfer, puisque je n'ai pas vu de vagues surfables, tout ignorant du surf que je sois. En bon Roumain, je décide de les prendre discrètement en filature, et après une dizaine de minutes de marche dans les rues de Rio, semblant m'éloigner du rivage, j'arrive au paradis.

Il y a deux grandes plages à Rio : Ipanema, et Copacabana. Ces deux plages sont séparées par une espèce de petite coline rocheuse, qui fait que quand on se trouve sur l'une des plages, on ne peut pas voir l'autre. Le hasard a fait que, bien que mon appartement se trouve pile entre Copacabana et Ipanema, je suis toujours descendu à Copacabana.

Or c'est à Ipanema que vivent les vagues.

J'ai passé environ une heure à Ipanema, fasciné par le ballet des surfeurs et le paysage de carte postale qui se dressait devant moi. Et pendant quelques minutes, j'ai eu une impression étrange, un sentiment de bonheur et de tranquilité à l'idée de me trouver pour une longue période dans un endroit où on se trouve habituellement pour des courtes vacances.

Un peu comme de se trouver aux Caraïbes, et ravi par la beauté exotique du lieu, de se dire : bon, bah à raison de 52 week ends dans l'année, et de deux jours par week-end, ça va me faire quoi ? 3 mois de vacances ici ? Ca va, j'ai le temps d'en profiter...

Blasé, ravi, rincé par le soleil et les vagues, je suis rentré chez moi vers 16h, le ventre vide, mais la casserole prête pour mon premier gros plat de pâtes... Francis, si tu m'entends...